Ma ville se meurt : enquête au Leclerc de Bourg-en-Bresse (Alain Landais)

« CAP Émeraude » : qu’est ce que c’est ?

C’est le nom du centre commercial gigantesque de Bourg en Bresse, dernière grande réalisation du groupe « Alain Landais » pour Leclerc (l’investisseur de Tournus).

C’est aussi le modèle, en plus grand, de ce qui est prévu à Tournus en zone nord (dossier « En Baraban »). Il est donc intéressant de se retourner sur cette réalisation commerciale de grande ampleur, aperçu de ce qui va se passer à Tournus …

« Le centre-ville de Bourg-en-Bresse en est train de mourir »

C’est en substance ce que nous disent une dizaine de commerçants appelés au hasard cette semaine.

Les plus touchés : le domaine de l’alimentaire (bouchers, épiciers, fromagers, boulangers …), l’habillement, les chaussures, les coiffeurs. Mais tous les commerces de proximité ont perdu de l’activité.

80 boutiques fermées en ville depuis l’ouverture du Leclerc

les commerces ferment …

Monsieur Landais se targue de revitaliser les centres villes. Avons d’avaler tout cru les bonnes paroles de la salade sauce landaise, nous avons mené notre petite enquête.

Il y a tout d’abord ce rapport du SCOT de l’Ain (Schéma de cohérence territoriale), fait par les services de l’État, habituellement conciliants avec les centres commerciaux. Pourtant, les conséquences de l’ouverture du Leclerc de Bourg-en-Bresse sur les commerces de proximité sont sans équivoque :

« Le déséquilibre entre offre périphérique et offre de centralité s’accentue au profit de la première.
– Les développements sont principalement localisés au nord de l’agglomération, sur les zones de la Neuve et de Cap Émeraude, zones aux caractéristiques monofonctionnelles (à vocation uniquement commerciale) pour partie déconnectées du contexte urbain.
– Dans le même temps, la commune de Bourg-en-Bresse, son centre-ville en particulier perd des cellules commerciales : – 80 commerces sur Bourg-en-Bresse, […] »

La part de marché des commerces de proximité : -20%

Toujours dans ce même rapport :

« La part de marché du commerce de moins de 300 m² sur Bourg-en-Bresse est tombée à 18 % contre 22 % en 2006 » : soit -20% !

Puis il y a ces dizaines de témoignages :

« Le centre-ville est en train de mourir » (Sylvie, épicerie)

« Nous ne nous en remettrons pas » (Cyril, coiffeur)

« Jamais la ville n’a autant souffert » (Jean-Claude, boucher)

« Il n’y a presque plus d’habillement en centre-ville » (Delphine, commerce de vêtements)

« Nous avons été trompés par ce projet, et nous le regrettons amèrement » (Claudine, alimentaire)

« C’est terrible pour les personnes qui habitent le centre, surtout les gens âgés et qui ont du mal à se déplacer : il n’y a presque plus rien ! » (Gérard, commerçant)

« L’ouverture de CAP Émeraude a changé définitivement le visage de Bourg-en-Bresse » (Chantal, commerce de décoration)

« Ces centres commerciaux détruisent une grande partie des commerces de proximité : on a tué le centre-ville de Bourg-en-Bresse : » (Jean-Paul, Presse et jeux)

Que promet Monsieur Landais à Tournus ?

« Une offre complémentaire à l’offre de proximité du centre ville : pour compléter et stimuler l’attractivité commerciale de Tournus […] »

Tiens, tiens, … même méthode qu’à Bourg-en-Bresse.

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », disait Henri Queuille, dommage qu’à Tournus les seuls qui les avalent soient les 17 conseillers municipaux qui soutiennent ce projet …

« La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. »

Disait aussi ce brave homme (Henri Queuille). Nouvelle citation qui raisonne à Tournus dans le silence assourdissant de notre maire Claude Roche à l’égard de notre association.

 

Note : les prénoms des commerçants qui ont bien voulu témoigner ont été anonymisés. Ils sont nombreux à craindre les représailles …