L’urgence de mettre fin à la « France moche »

Pas une semaine sans qu’un grand média (écrit ou audiovisuel, national ou régional) ne publie une enquête sur les conséquences désastreuses pour la société française de la multiplication des grandes surfaces commerciales périphériques

Cette fois-ci le Nouvel Observateur par la plume de Gurvan Le Guellec  étudie l’influence des grandes surfaces sur l’âme des villes françaises. Il démonte aussi l’habituel alibi de la création d’emplois tant avancé pour chaque nouveau – mauvais – projet, souligne que ce modèle économique est en chute libre du fait du changement des habitudes de consommation et que les justifications sont maintenant plus immobilières et concurrentielles que commerciales.

Il regrette que pour l’instant la politique – des élus locaux jusqu’aux candidats à la présidentielle – ne semble pas vouloir s’impliquer dans le combat contre les grandes marques, comme Leclerc, Carrefour et Auchan. Ont-ils trop de pouvoir?

« Journalistes, experts, urbanistes, hauts fonctionnaires… tous arrivent au même constat : si la France veut préserver son art de vivre et sa cohésion sociale, il est urgent de mettre un terme à l’anarchie commerciale de ses entrées de ville.

Malgré la crise, les zones commerciales continuent à s’étendre sur les espaces naturels et agricoles. Et ce, alors que les grandes enseignes elles-mêmes commencent à émettre des doutes sur la pérennité de leur modèle économique. Il ne faut pas compter pour autant sur la grande distribution pour se responsabiliser. Celle-ci reste d’abord guidée par des logiques de court-terme.

La situation est d’autant plus préoccupante que les zones commerciales, au-delà de leur laideur, nuisent gravement au lien social, notamment dans les villes moyennes de province. Face à la puissance de la grande distribution, la plupart des élus locaux sont passifs ou désarmés. Pourtant l’anarchie commerciale n’est pas une fatalité. La France en la matière est même une exception en Europe. Et l’UE ne peut être tenue seule responsable de la situation actuelle.

Ce qui est certain, c’est que les rares territoires ayant lancé des mutations de leurs zones commerciales à peu près probantes, l’ont fait avec le soutien de l’Etat. Mais l’Etat peine à passer la seconde. Et les candidats à la présidentielle, hélas, sont aux abonnés absents. »

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