RÉPONSES APPORTÉES AU QUESTIONNAIRE DE TOURNUGEOIS VIVANT PAR LA LISTE DE BERTRAND VEAU A TOURNUS

Les réponses sont intégrées sur notre site, dans l’ordre dans lequel elles nous sont parvenues (en commençant ici par la plus récente)

1/ Quelles mesures concrètes prendrez-vous pour protéger et mettre en valeur les milieux naturels et la ressource en eau sur le territoire de votre commune ?

Réponse :

Nous développons depuis 2 ans sur un projet « biodiversité » pour la forêt de la Garenne (15 hectares) : travail en collaboration avec l’ONF et le lycée de l’horticulture et du paysage de Tournus. Ce projet de grande superficie pour la commune de Tournus consiste à un renouvellement progressif pour remplacer la monoculture de pins noirs actuels en fin de vie par des espèces locales. En parallèle, la mise en place d’un sentier découverte de la biodiversité est à l’étude. Ce projet s’inscrit sur le long terme et a pour objectifs :

  • L’instauration de biotopes naturels diversifiés qui constitueront des poches de réserves pour des espèces sauvages animales, végétales, fongiques ; en lieu et place d’un monoculture forestière pauvre en biodiversité. Il s’agit de restaurer des équilibres naturels précieux pour la protection des espèces locales,

  • L’éducation à la reconstitution d’une forêt mélangée et protégée en direction des élèves du lycée de Tournus,

  • La création d’une forêt variée qui améliore le paysage de de la première colline du Tournugeois (variation des couleurs au fil des saisons, variations des hauteurs de vue, …)

  • Participer à la sensibilisation sur les biotopes en créant un sentier pédagogique

  • Contribuer à améliorer les connaissances de l’ONF sur l’acclimatation d’essences forestières européennes aux changements climatiques.

Nous avons pesé lourdement sur les débats communautaires dans le cadre de l’adoption d’un nouveau PLUi. Le classement en « zones naturelles » a été décuplé par notre influence, sur le territoire communal.

Je me suis personnellement exprimé en soutien effectif du projet de création d’un « Parc Naturel Régional » en Bresse, dont Tournus serait une porte d’entrée (projet développé par Madame Cécile Untermaier, députée de notre circonscription)

Nous travaillons avec le Conseil Départemental à la création d’une zone naturelle sensible au nord de Tournus, en rive gauche de la Saône. Ce serait la 4ème du département de Saône-et-Loire et cela permettrait de préserver et mettre en valeur un écosystème de « plaine de débordement », important à préserver.

Nous avons déjà acheté deux parcelles de terres naturelles (1200 et 5000 m2) sur le territoire communal afin de constituer des réservoirs de biodiversité. Ces terrains, ainsi que d’autres qu’il faudra acquérir, pourront à terme être utilisés soit comme espaces de naturalité, soit être utilisées pour du maraichage en culture biologique pour l’approvisionnement local.

Nous continuerons à mettre en applications différentes mesures de bon sens mais très importantes pour le respect de notre environnement commun :

  • Nous avons édicté pour principe que chaque arbre qui doit être supprimé pour des raisons impérative sera remplacé par des plantations compensatoires d’essences locales,

  • Nous continuerons à ne plus utiliser de produits phytosanitaires dans les espaces publics (cimetière, voiries, bords de Saône, …)

  • Nous continuerons à lutter contre le gaspillage énergétique et la pollution lumineuse en maintenant l’extinction nocturne de l’éclairage public,

  • Nous continuerons à utiliser des essences végétales locales et mellifères dans l’entretiens des espaces verts communaux,

  • Fauchage raisonné des bords de route et respect des périodes règlementaire pour la taille des haies,

  • Traitements naturels des populations de moustiques (la régulation s’est d’ailleurs faite de manière 100% naturelle en 2019 avec l’installation de colonies de chiroptères consécutivement à l’arrêt de l’éclairage public)

Protection de la ressource en eau (ressource gérée par un syndicat intercommunal). La protection des puits de captage existe depuis longtemps : certains pesticides interdits depuis 10 ans sur ces zones de captage. (ESA métolachlore par exemple) non présents dans les puits alimentant Tournus alors qu’ils sont présents dans des puits le long de la Saône dans d’autres communes.

Nous préparons depuis 18 mois un plan général d’amélioration de notre réseau d’assainissement collectif. Il n’existe à Tournus aucun schéma directeur, ce qui ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble des priorités en la matière, alors qu’elles sont nombreuses. A titre d’exemple, nous venons de raccorder à la station d’épuration, tout le secteur de l’école Raymond Dorey, qui se jetait dans le « Bief Potet », puis dans la Saône. Nous prévoyons d’investir 200 000 euros par an pour améliorer notre réseau d’assainissement.


2/ Quelles mesures prendrez-vous pour préserver le foncier agricole et pour faciliter l’installation de maraîchers et d’agriculteurs pratiquant une agriculture paysanne et bio ?

Réponse :

La Ville de Tournus a été retenue pour un projet national de recherche dans le domaine de la transition agricole et alimentaire. Notre projet a été sélectionné sur la base d’un travail collaboratif avec les associations et constitue un bel exemple de participation citoyenne réussie. Nous soutiendrons cette initiative au maximum de nos possibilités.


3/ Quelles mesures prendrez-vous pour développer les circuits courts (de proximité) et locaux dans votre commune ?

Réponse :

Soutien aux 2 AMAP distribuant leurs produits à Tournus, pérennisation du marché du mercredi que nous avons créé (bio et local).


4/ Quelles mesures prendrez-vous dans les cantines scolaires dépendant de votre municipalité pour généraliser une alimentation bio, locale et équitable et pour limiter le gaspillage alimentaire ?

Réponse :

Nous travaillons depuis le début du mandat sur la restauration collective et plus particulièrement la restauration scolaire sous forme d’un chantier citoyen ; les conclusions ont été remises aux membres de la majorité. La part de produits issus de l’agriculture a été augmentée à 15% minimum dans les repas servis à la cantine scolaire.

Reste à mener une étude de faisabilité technique et financière pour la mise en place d’un restaurant scolaire équipé d’une cuisine permettant la préparation de repas à partir de produits le plus possible bio et locaux. Ce projet nécessite un lourd travail de réflexion, de préparation, et de recherche de co-financement. La réalisation d’un restaurant scolaire est très coûteuse, que ce soit en investissement ou en fonctionnement. On n’a pas le droit à l’erreur lorsqu’il s’agit de servir des repas à des enfants. Il faut prévoir le remplacement des cuisiniers en cas d’absence, s’assurer de la fourniture en produits alimentaires locaux de qualité et du respect de toutes les normes en la matière.

Tout un travail sur la réduction du gaspillage alimentaire est en cours (avec une première phase de diagnostic : pesée des aliments non consommés)

L’introduction de repas végétariens mensuels a été instaurée. Leur multiplication est à l’étude, nous souhaitons habituer petit à petit les familles afin de ne pas créer un contexte de rejet.

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Note : Questions 2, 3 et 4

Il est intéressant de faire une réponse d’ensemble à vos questions 2, 3 et 4 car c’est à ce niveau qu’elles prennent tout leur sens et leur portée. Cette réponse consiste en la définition d’une orientation politique globale formulation d’une politique locale globale en matière d’alimentation et d’agriculture.

Cette orientation politique, portée par Tournus Citoyens, c’est celle que le Conseil Municipal du 4 juin 2019 avait voté à l’unanimité sous forme de proposition de la Commune de Tournus au PADD de la Communauté de Communes Tournugeois-Maconnais. Comme cette proposition constitue le socle de ce que Tournus Citoyens a la volonté de faire au niveau communal, le socle pour en débattre au niveau de la Communauté de Communes et au-delà, du bassin de vie du Tournugeois, le mieux est de la reprendre in extenso :

« Débat PADD Conseil Municipal du 4 juin 2019

Remarque en forme de contribution positive sur alimentation et agriculture

Préambule sous forme de deux constats

Le chapitre 3 du PADD en son état actuel « promouvoir la création d’activités et de richesse », s’il traite bien d’agriculture, le fait presque exclusivement en restreignant cette dernière à la viticulture. Or l’agriculture dans ses formes nourricières (maraîchage, élevage, culture de céréales, etc.) semble mériter également une orientation prospective.

Elle le mérite d’autant plus qu’une telle orientation, si elle prend bien en compte les paramètres de la question, peut être en même temps :

  • un levier de développement économique local parmi d’autres ;

  • une réponse à la demande d’une alimentation saine qui va grandissant dans la population ;

  • un élément de réponse aux préoccupations écologiques montantes

Nous proposons donc de développer une sous-partie supplémentaire au chapitre trois du PADD dont l’énoncé pourrait être :

Développer localement (cf note 1 ci-dessous) les conditions d’une alimentation saine pour tous : un projet économique social et écologique pour les habitants du territoire

La proposition peut être explicitée en trois points :

 I. Du côté de la demande : favoriser et promouvoir une alimentation d’origine locale et bio

 Dans les restaurations collectives du territoire à commencer par les cantines des écoles maternelles et primaires qui sont de la responsabilité des communes ;

 Auprès des particuliers

 II. Du côté de l’offre : accompagner le développement de la demande par le développement d’une offre locale tout le long de la chaîne (production, transformation, distribution), ce qui peut être décrit en 5 points :

 Soutenir les conditions pour le développement de la production d’une alimentation saine et locale :

  • conversions et nouvelles installations agricoles dans le cadre d’une agriculture paysanne et biologique,

  • préservation et aide au développement des jardins potagers (familiaux, partagés ou autres),

Favoriser l’implantation locale d’équipements de transformation : laboratoire de transformation, légumerie, éventuellement cuisine centrale ;

Faciliter la structuration de l’approvisionnement des restaurations collectives (plateforme par exemple) au fur et à mesure de leur conversion à une alimentation saine.

Soutenir toutes les initiatives de commercialisation en circuits courts : marchés locaux, AMAPs, magasins de producteurs, etc.

 Explorer les articulations possibles avec le champ de l’action sociale et d’insertion : épicerie solidaire, actions type jardins de Cocagne, etc.

III.  Par ailleurs, ce développement local et durable mérite de se faire selon une démarche méthodique et outillée :

 La loi d’orientation agricole de 2014 en son article 39 (cf. note 2 ci-dessous) permet justement aux collectivités territoriales d’engager une telle démarche méthodique de « Projet alimentaire Territorial » en associant tous les acteurs concernés (élus, professionnels, associations, Etat…) de façon à élaborer d’abord un diagnostic partagé de l’agriculture et de l’alimentation sur le territoire et à définir ensuite les actions opérationnelles pertinentes visant la réalisation du projet.

Note 1 : Le projet demanderait de prévoir une coopération avec les communautés de communes voisines qui participent du même bassin de vie

Note 2 : Article 39 : Les projets alimentaires territoriaux mentionnés au III de l’article L. 1 sont élaborés de manière concertée avec l’ensemble des acteurs d’un territoire et répondent à l’objectif de structuration de l’économie agricole et de mise en œuvre d’un système alimentaire territorial. Ils participent à la consolidation de filières territorialisées et au développement de la consommation de produits issus de circuits courts, en particulier relevant de la production biologique.
« A l’initiative de l’Etat et de ses établissements publics, des collectivités territoriales, des associations, des groupements d’intérêt économique et environnemental définis à l’article L. 315-1, des agriculteurs et d’autres acteurs du territoire, ils répondent aux objectifs définis dans le plan régional de l’agriculture durable et sont formalisés sous la forme d’un contrat entre les partenaires engagés.
« Ils s’appuient sur un diagnostic partagé de l’agriculture et de l’alimentation sur le territoire et la définition d’actions opérationnelles visant la réalisation du projet.
« Ils peuvent mobiliser des fonds publics et privés. Ils peuvent également générer leurs propres ressources. »

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Pour résumer brièvement cette orientation politique, on peut dire qu’elle vise à répondre à deux questions :

Comment permettre l’accès de tous à une alimentation saine ? 

Comment développer une production locale qui favorise l’autonomie alimentaire du territoire ?

Pour décliner concrètement et progressivement cette politique, nous proposons aux électeurs de continuer et d’amplifier l’action déjà entreprise :

Au niveau communal

Instauration réalisée et à développer d’un marché de producteurs locaux et bio ;

Animation depuis deux ans d’un comité citoyen autour de l’idée d’une « cantine scolaire maternelles et primaires approvisionnées progressivement en bio produit localement. Les résultats de ce comité sont à deux niveaux :

Travail réalisé et à poursuivre sur le cahier des charges avec le fournisseur actuel en liaison froide pour aller dès la rentrée 2019 vers une alimentation plus saine dont le surcoût a été intégralement pris en charge par la commune (plus de produits locaux et bio, repas végétariens, volonté, à travers un travail éducatif, de réduction du gaspillage alimentaire afin de réaliser des économies permettant des repas de meilleure qualité et la réduction des déchets)

Réflexion et étude sur la création d’un restaurant scolaire équipé d’une cuisine permettant la préparation de repas à partir de produits le plus possible bio et locaux. Sur la base de cette première étude, Tournus Citoyens à mis à son projet pour le prochain mandat l’examen expert de la faisabilité technique et financière de la création d’un tel équipement afin d’en déterminer la forme la plus pertinente.

Poursuite aux côtés des associations initiatrices de la recherche-action menée sur la question de la démocratie alimentaire qui porte globalement sur les deux questions exposées plus haut

Projet, avec les associations intéressées, d’une action de promotion des jardins (familiaux, partagés…) à des fins d’autoproduction : sensibilisation, formation, mise à disposition de terrains qui, si besoin est, pourront être acquis par la commune.

Limitation du mitage des terres agricoles par l’habitat résidentiel en faisant de la revitalisation du centre-ville l’axe principal de développement de l’offre d’habitation.

Aux niveaux territoriaux plus large dans lesquels la commune de Tournus s’inscrit :

Proposition à la Communauté de communes « Mâconnais-Tournugeois » d’intégrer cette orientation politique comme élément de son projet de territoire ;

Dialoguer avec les autres communautés de communes du bassin de vie de Tournus pour coordonner nos actions en ce domaine ;

Inscrire notre action dans le réseau départemental « alimentation » créé par le Conseil Départemental pour coordonner toutes les actions en ce domaine d l’alimentation et de l’agriculture ; réseau dont la ville de Tournus est d’ores et déjà partie prenante.

Il nous paraît enfin qu’un facteur déterminant pour réussir en ce domaine, c’est de travailler en partenariat avec tous les acteurs concernés, dont on sait qu’ils sont nombreux pour agir sur toutes les dimensions de la question : installation, productions, distribution en circuits courts, transformation, approvisionnement structuré des restaurations collectives.


5/ Etes-vous prêts à mettre en place des mécanismes associant les citoyens de votre commune à la coconstruction de projets locaux et comment vous y prendrez-vous ?

Réponse :

La possibilité offerte à chaque tournusienne et chaque de tournusien de participer à la vie de sa cité, à contribuer à la prise de décision par les élus est dans notre ADN. Notre équipe s’est constituée ainsi en 2017, a été reconnue par de nombreux médias nationaux dans sa méthode de travail participative dans l’exercice du mandat de 2017 à 2020. Tournus est aujourd’hui considérée comme un tube à essai en matière de démocratie vivante, et nous comptons bien amplifier ce mouvement d’ici à 2026 si nous sommes réélus.

Le programme électoral que nous présentons aux tournusiens est le fruit d’un travail collaboratif poussé pendant plus de 2 ans avec nos concitoyens.

Notre objectif est de continuer à proposer des espaces de participation citoyenne, que ce soit en utilisant les outils déjà mis en œuvre dans le mandat passé : chantiers citoyens, comités publics consultatifs, contribution associative active, accompagnement aux initiatives citoyennes locales, réunions publiques régulières ; mais aussi en intégrant de nouveaux outils que nous avons préparés depuis 2017 comme la Maison des Projets et des Citoyens.

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