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Assurer la sécurité alimentaire des populations

TRIBUNE

présentée par un collectif autour de Philippe Desbrosses,
Agriculteur, Docteur en Sciences de l’Environnement
* lire la liste des signataires en pied de cette tribune

Source : https://le1hebdo.fr/journal/actualite/tribune-securite-alimentaire-69.html#

LA CRISE ALIMENTAIRE EST IMMINENTE, car à la détérioration continue des sols s’ajoute le blocage des circuits internationaux de transport sur lesquels repose le système alimentaire mondial. Nous ne sommes pas mieux préparés à cette échéance qu’à l’actuelle crise sanitaire. Or ces épidémies et ces crises alimentaires seront rendues plus fréquentes par l’état écologique et économique du monde.

La menace de pénurie alimentaire n’est ni un coup du sort, ni une fatalité. Elle résulte d’une insouciance et d’une illusion trop longtemps entretenues selon lesquelles nous serions dans un progrès matériel indéfini, dans une abondance qui pourrait — grâce au marché — résoudre spontanément toutes les difficultés et atténuer tous les risques, laissant le consommateur dormir tranquille et vaquer à ses occupations. Nous en avons perdu de vue des principes biologiques de base.

Résultat de ce choix de société : une agriculture artificielle, industrielle, entièrement dépendante des énergies fossiles, hors-sol, sans paysans, anéantie par un exode rural sans précédent. En France, 11 millions de paysans sont passés à la trappe en quelques décennies, et en 2020, c’est encore une exploitation toutes les 26 minutes qui disparaît ! Combien dans le monde ? Ce sont des milliers de kilomètres carrés alignés pour produire, transformer et acheminer une nourriture appauvrie en nutriments, reposant sur trop peu d’espèces, sur des pratiques artificielles et destructrices des sols, des eaux, et des communautés humaines. Ce système alimentaire, trompeusement efficace, n’en est devenu que plus vulnérable aux chocs climatiques, aux maladies, aux crises économiques et géopolitiques, et aux pénuries de ressources.

La France a la réputation d’être un pays producteur. Certes, en volumes ! Mais peut-elle pour autant nourrir sa population ? Non : notre système alimentaire dépend d’importations de soja américain et brésilien (faute de protéines végétales cultivées), de matières premières (dont les énergies fossiles et les phosphates), et de fruits et légumes (des milliers de camions par jour nous apportent les denrées agricoles des pays du sud). Aujourd’hui, moins de 2 % de notre surface agricole utile produit des fruits et légumes, alors qu’il en faudrait 10 % !

Notre monde vit dans un rêve technologique. Mais le réveil est terrible. Il produit maintenant des foules sans travail et sans nourriture décente, sur des sols progressivement stérilisés par les labours profonds et les molécules toxiques de l’agro-industrie suspectées de contribuer à toutes nos maladies chroniques, dites « maladies de civilisation » ! Une agriculture sans paysans, c’est l’Eldorado pour la pétrochimie et l’industrie lourde, mais c’est le cauchemar pour les peuples et les biens communs.

La crise du coronavirus en annonce d’autres, et met en lumière toutes les vulnérabilités extravagantes de ce système industriel. Nous avons l’opportunité de réagir, non pas en stoppant la machine (ça c’est fait), mais en coordonnant et en accélérant une « transition » vers des systèmes alimentaires moins vulnérables et plus résilients aux chocs de toutes sortes. Presque aucun pays n’est épargné par ces menaces, puisque quasi tous ont choisi les mêmes voies techno-chimiques et économiques, les mêmes dépendances des transports au long cours.

Nous sommes nombreux à avoir annoncé les catastrophes alimentaires. Depuis la révolution industrielle des années 1960-1970, des mises en garde ont été documentées, des propositions de réorientation ont été faites, alors que les politiques agricoles, sous l’emprise des lobbies agro-industriels, n’ont cessé de poursuivre leur course folle dévastatrice des écosystèmes, de la santé et des emplois…

Ce que nous proposons, c’est d’ENGAGER D’URGENCE UNE GRANDE CONCERTATION CITOYENNE par échanges électroniques et visio-conférences, dans chaque région et chaque bassin de vie, visant à remailler le territoire avec des productions diversifiées, à proximité et au service des populations, et avec leur aide.

Nous avons besoin :

  • d’hectares soustraits à l’artificialisation et à l’appétit des acquéreurs fonciers ;

  • de formation des agriculteurs aux techniques simples de culture et d’élevage qui permettent de régénérer les sols, économiser l’eau, réduire la mécanisation, et boucler les cycles du carbone, de l’azote et du phosphore ;

  • d’outils de production agricole robustes et simples à fabriquer ;

  • de circuits raccourcis qui alimentent les populations et les usines de transformation, si possible locales.

C’est une question de bon sens, pas d’idéologie. Il y a urgence à faire l’inventaire des ressources et des besoins sur les territoires par des concertations régionales en commençant par les communes avec la collaboration des Maires et des associations locales :

  • Quels sont les lieux et les ressources comestibles disponibles aujourd’hui, les moyens de stockage et de distribution ?

  • Quels sont les lieux de formation pour les futurs paysans ?

  • Quelles sont les cultures et les surfaces allouées aux denrées de première nécessité ?

  • Quelles sont les surfaces à conserver de milieux naturels et d’infrastructures écologiques pour renforcer les populations et la diversité des pollinisateurs et des oiseaux prédateurs des ravageurs ?

  • Quels sont les moyens humains et matériels à mettre en œuvre dans chaque commune ?

Chaque municipalité ou intercommunalité peut faire l’inventaire de son territoire avec ses citoyens, selon une grille à co-élaborer, afin de cartographier la France, d’échanger et de s’entraider. Il s’agit de rendre les territoires efficients dans chaque région, en s’inspirant des meilleures solutions des uns et des autres.

La nourriture est le premier des besoins, or les systèmes alimentaires sont devenus majoritairement vulnérables et contre-productifs. L’agriculture est l’une des fonctions essentielles à la sécurité et au bien-être des communautés humaines, c’est le moment de lui redonner ses bases et son sens : c’est une question d’ordre public et de sécurité nationale.

Signataires :

  • Philippe Desbrosses : agriculteur et docteur en sciences de l’environnement

  • Dominique Bourg : philosophe, professeur honoraire, Université de Lausanne

  • Valérie Cabanes : juriste internationaliste

  • Françoise Laborde : sénatrice de la Haute-Garonne

  • Stéphane Linou : ancien conseiller général de l’Aude, auteur de Résilience alimentaire et sécurité nationale (2019)

  • Edgar Morin : sociologue

  • Christian Mouchet : Président de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, agronome, professeur émérite Agrocampus Ouest

  • Coline Serreau : cinéaste, membre de l’académie des Arts

  • Pablo Servigne : ingénieur agronome et auteur

  • Julien Bayou : secrétaire national du groupe EELV

  • Sophie Swaton : Présidente de la Fondation Zoein, économiste et philosophe, Université de Lausanne

  • Maxence Layet: écrivain, éditeur de la revue Orbs l’autre Planète

  • Gilles-Eric Séralini : scientifique, professeur d’Université, spécialiste des O.G.M.

  • Delphine Batho : ancienne Ministre, députée des Deux-Sèvres, auteure de L’ Ecologie Intégrale

  • Benoît Biteau : paysan bio, agronome, député Européen EEVL

  • Corinne Lalo : journaliste indépendante d’investigation, auteure

  • Dr Dominique Eraud : phytothérapeute-nutritionniste, présidente de Solidarité-Homéopathie

  • Emmanuel Bailly : ingénieur auteur des tables d’indices de Souveraineté Alimentaire

  • Alexandre Boisson : expert sécurité civile, co-fondateur de SOS maires

  • Yannick Jadot : député Européen EELV

  • Jean-Marc Governatori : auteur, Écologie Politique

  • Corinne Lepage : ancienne ministre et députée Européenne, avocate

  • Charles et Perrine Hervé-Gruyer : fondateurs de la Ferme du Bec-Hellouin, auteurs Permaculture

  • Lucile Cornet-Vernet : parodontologue, fondatrice des Maisons de l’ARTÉMISIA

  • André-Jacques Holbecq : auteur, économiste, co-fondateur de SOS maires

  • Claude Aubert : agronome, écrivain, fondateur de Terre Vivante et Quatre Saisons du Jardinage

  • Boris Aubligine : paysan, fondateur d’Ethica Mondo MBA

  • Charles Kloboukoff : PDG du groupe Léa Nature

  • Michèle Rivasi : députée Européenne EELV

  • Samuel Lachaume : conseil en finance et territoire durables

  • Cyril Dion : co-fondateur du Mouvement des Colibris et co-réalisateur du Film Demain

  • Lionel Montoliu : fondateur de 0.6 Planet, docteur de Polytechnique, co-directeur du master Management de la Technologie et de l’Innovation

  • François Plassard : paysan Terre-Mer, ingénieur agronome, docteur en Economie, auteur ruralité

  • Monica Bassett : artiste peintre Internationale

  • Isabelle Champion-Poirette : présidente de Mille Variétés Anciennes

  • Olivier Roellinger : chef restaurateur de Cancale

  • Jean-Paul Jaud : cinéaste

GESTION DE VOS DECHETS : SOYEZ VIGILANT !

La préfecture de Saône-et-Loire rappelle que :

… pour faciliter l’activité des centres de tri des déchets, chacun doit être particulièrement scrupuleux dans la gestion de ses déchets ménagers en ne mettant pas de mouchoirs jetables, de lingettes, de masques ou déchets médicaux dans les déchets recyclables.

C’est une façon de respecter le travail de ceux qui agissent au quotidien pour le bien de tous et de leur permettre de le faire dans les meilleurs conditions possibles.

APPEL A LA SOLIDARITÉ DE L’EPICERIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Economie Solidarité Partage : « Le Pas Fleury » – 71700 Tournus

Téléphone : 03.85.32.16.89   Mail : esptournus@gmail.com

APPEL AUX DONS

L’approvisionnement alimentaire en produits frais (légumes, fruits, pain, produits laitiers, viandes, volailles) par les dons des grandes surfaces est devenu insuffisant pour pouvoir alimenter correctement les foyers démunis qui relèvent de l’aide alimentaire sur notre territoire.

Cette aide est assurée par l’épicerie sociale et solidaire « Au caddy Fleury » pour tout le bassin de vie de Tournus (communes du Mâconnais-Tournugeois et d’Entre Saône et Grosne). Elle est gérée par l’association « Economie-Solidarité-Partage » qui gère également la ressourcerie du Pas-Fleury.

Il faut savoir que ce dispositif d’aide concerne plus de 1200 personnes habitant le territoire (nombre en augmentation avec la crise actuelle). C’est pourquoi, durant la crise sanitaire, toute l’équipe de l’association reste mobilisée avec ferveur mais a besoin de vous !

D’un autre côté des producteurs locaux ont des difficultés pour commercialiser leurs productions.

Aussi, nous lançons en urgence un appel à solidarité aux habitants du territoire.

Votre solidarité peut s’exercer par des dons financiers de tout montant en fonction de vos possibilités.

Les dons (1) seront affectés à un fonds de solidarité dédié exclusivement à l’achat de produits frais aux producteurs locaux dans un esprit de solidarité de proximité.

Ce fonds sera géré par l’association Economie-Solidarité-Partage.

(1) Chaque versement à ce fonds de solidarité ouvre droit à déduction fiscale de 66 % (un don par exemple de 100 € ne coûte au donateur que 34 €). Pour cela, un CERFA sera remis par l’association pour valoir auprès de l’administration fiscale

Il vous suffit d’envoyer un mail à Fanny GONZALEZ la directrice, à l’adresse suivante : fondsolidaire.caddyfleury@gmail.com en indiquant le montant du don que vous souhaitez faire ainsi que vos coordonnées et votre adresse mail. Nous vous transmettrons en réponse les indications pour effectuer votre don.

Merci pour votre soutien et votre solidarité !

L’équipe de l’épicerie sociale et solidaire « Au Caddy Fleury »

POINT REGLEMENTAIRE CONCERNANT L’ACCES AUX DENRÉES ALIMENTAIRES

Quels sont les établissements autorisés à recevoir du public ?

Tous les établissements indispensables à la vie de la Nation, notamment les commerces alimentaires (y compris les Drive alimentaires). Tous les services de livraison de repas et de denrées alimentaires à domicile restent disponibles. https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

VENTE DIRECTE, AMAP, DRIVE FERMIERS, LIVRAISONS

Sont considérés comme n’entrant pas dans le périmètre de l’interdiction des marchés car assimilés à des commerces de détail alimentaire la vente directe, les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), paniers paysans, paniers bios et produits « bienvenue à la ferme », livraisons à domicile dès lors que leurs modalités de retrait respectent la distanciation et les gestes barrières définies dans le décret 2020-293.

Vente à la ferme

Les ventes directes des producteurs sont autorisées sous certaines conditions de respect des règles sanitaires et de distanciation définies à l’article 6 du décret 2020-293. Les Grandes et Moyennes Surface et commerces de détail sont encouragés à s’approvisionner auprès des producteurs locaux. Les points de vente à la ferme ou en collectif peuvent entrer dans la catégorie « Autres commerces de détail alimentaires et magasin spécialisés » et font donc partie des commerces qui peuvent rester ouverts, en respectant les mesures de distanciation, et les formalisant (limitation du nombre de personnes acceptées dans les locaux, indications au sol sur les distances de 1 mètre à respecter, etc). Plus d’infos sur la FAQ du Gouvernement

AMAP

S’il y a un seul point de distribution, avec possibilité de mettre en place une file d’attente avec espacements d’un mètre, etc. le fonctionnement des AMAP peut être assimilé à celui d’un commerce alimentaire de détail. Pour l’organisation de la vente et les consignes de sécurité, on peut se référer au guide méthodologique établi pour les marchés (annexes).

En revanche, s’il y a plusieurs tables où les gens s’échangent des produits ou vont compléter leurs paniers au fur et à mesure, le fonctionnement de l’AMAP n’est pas autorisé.

Les Drive fermiers sont autorisés à continuer à fonctionner (assimilé à un commerce alimentaire de détail) en respectant les règles de distanciation et de prévention lors de la livraison.

La livraison de denrées alimentaires à domicile est autorisée à condition de respecter les mesures définies au II. de l’article 6 du décret du 23 mars 2020, notamment les règles portant sur l’interdiction de signature de documents de livraison et les règles de distanciation sociale. Les producteurs souhaitant réaliser des livraisons de produits alimentaires à leurs clients doivent compléter un justificatif de déplacement professionnel disponible sur le site du ministère de l’Intérieur et inscrire le trajet de la livraison. Ils doivent se munir également de l’autorisation de déplacement dérogatoire sans oublier une pièce d’identité. https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Attestation-de-deplacement-derogatoire-et-justificatif-de-deplacement-professionnel

Il est en outre conseillé aux agriculteurs d’être toujours munis au cours de leurs déplacements, d’un extrait de Kbis, inscription au registre agricole…  ou de tout autre document justifiant qu’ils sont agriculteurs.

Afin de faciliter l’e-commerce, un grand nombre d’outils de vente en ligne existent.

La livraison à domicile de repas et la vente à emporter restent autorisées. Les livreurs devant se munir de l’attestation de déplacement dérogatoire ainsi que du justificatif de déplacement professionnel.

Les « libres » cueillettes sont-elles autorisées ?

Les cueillettes « ouvertes » ou « libres » ne sont pas autorisées en raison de l’interdiction de rassemblement et des mesures de confinement, en revanche, la vente directe de fruits récoltés par les exploitants et les salariés est, elle, autorisée, dans le magasin de vente à la ferme en respectant les mesures sanitaires.

Mesures sanitaires

Dans tous les contacts avec des personnes dont l’intervention est indispensable, respecter les consignes sanitaires.

MARCHES

Conformément aux annonces du Premier ministre du 23 mars (décret 2020-293 du 23 mars), le principe général est désormais l’interdiction des marchés. L’interdiction de la tenue des marchés, couverts ou non et quel qu’en soit l’objet, vise à limiter la propagation de l’épidémie. Toutefois, il est possible au niveau local, sur décision du Préfet suite à la demande du Maire, d’autoriser ces marchés alimentaires par dérogation afin de répondre à un besoin avéré d’approvisionnement de la population, sous réserve des conditions permettant la sécurisation sanitaire des commerçants et des clients (voir annexes). Les maires, qui sont au cœur du dispositif, sont les mieux placés pour dire que le marché est nécessaire et peut être organisé en respectant les mesures de sécurité. Les dossiers constitués par les professionnels indiquant toutes les mesures prises (mesure distanciation entre les étals, marquage au sol, gestion des files d’attente…) devront être établis en concertation avec les mairies. Les préfets ont été destinataires le 26 mars d’une instruction précisant les conditions à remplir pour valider l’ouverture d’un marché. La dérogation au principe d’interdiction repose sur deux critères, sous réserve que l’organisation des marchés concernés ainsi que les contrôles mis en place soient de nature à garantir le respect des mesures barrières : les marchés répondant à un besoin d’approvisionnement de la population, notamment dans les petites communes rurales, en raison de l’absence d’autres commerces alimentaires à proximité et la protection des producteurs locaux et des filières courtes dans le cas où certains marchés locaux seraient leur canal de distribution exclusif.

RESTAURATION HORS DOMICILE

Les entreprises fournissant habituellement la RHD doivent être soutenues pour trouver d’autres sources d’écoulement de leur production, notamment pour approvisionner les GMS.

ASSOCIATIONS D’AIDE ALIMENTAIRE

Les associations d’aide alimentaire et les épiceries sociales et solidaires ne pouvant bénéficier des dons de la restauration collective manquent d’approvisionnement. La solidarité de tous est particulièrement sollicitée.