« L’HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES » AUX ACCORDS DU LION D’OR, A SIMANDRE

La nouvelle de Jean Giono

Très belle soirée ce samedi 19 novembre dans la belle salle des Accords du Lion d’Or à Simandre. A l’affiche « l’Homme qui plantait des arbres » de Jean Giono, un texte en symbiose totale avec les activités du Lion d’Or.

Dans la salle, plus une place de libre, une atmosphère chaleureuse, un peu mystérieuse. Sur scène un « explorateur » silencieux, écrivant…, absorbé dans ses pensées. Ces prémices génèrent chez les spectateurs, d’emblée une posture d’écoute empathique. « Atmosphère, atmosphère… »! La magie du Lion d’Or… encore une fois elle était là.

Le thème

À l’aube du XXe siècle, un marcheur parcourt les paysages d’une Provence déserte. Il nous raconte sa rencontre avec un homme solitaire, Elzéard Bouffier qui chaque jour plante des centaines et des centaines d’arbres. Quelques années plus tard, après la guerre, notre narrateur promeneur revient dans ce pays provençal et découvre une magnifique forêt : des chênes, mais aussi des hêtres et des bouleaux. D’année en année, la forêt s’étend, permettant à toute la région de revivre. Œuvre majeure, en particulier devant l’urgence écologique, cette fable nous parle de manière poétique de notre lien à la nature, sa nécessité et sa beauté.

La mise en scène et le jeu d’acteur

Après un silence prolongé de l’homme sur scène, nous avons assisté, ou plutôt participé, à une mise en théâtre de la nouvelle de Jean Giono, très inventive, à la fois pleine d’émotion et de retenue. L’accompagnement du texte par des images très symboliques rend très accessible un texte étonnamment actuel qui nous parle de la nature, de la terre, des arbres et d’un homme simple… « qui en sait plus que tous les autres » et qui œuvre en silence à une re-création des paysages qui l’entourent.

Le temps s’écoule, les arbres semés par milliers poussent, l’homme prend de l’âge mais il continue à planter, ignorant les affres des deux guerres… Il continuera jusqu’à la fin de sa vie.

J’ai particulièrement apprécié l’épisode cocasse où politiques et techniciens se rendent sur le site pour louer le travail de l’homme.

Le jeu d’Aurélien Serre, qui s’inscrit dans le rythme du livre et dans celui de la nature, distille le texte en l’accompagnant d’une gestuelle symbolique émouvante. Il exprime sa recherche d’acteur en ces termes : « Aujourd’hui je cherche à comprendre et à transposer sur la scène ou à l’image, les méandres du genre humains. Une recherche épineuse et toujours en mouvement me rappelant que cet art de la comédie se tisse toujours en rapport avec son public, à qui je m’efforce d’offrir une place de réflexion centrale dans mes créations. »

Les projections d’images sur la toile de la tente viennent prolonger les gestes de l’homme sur scène apportant une dimension visuelle et imaginaire dans laquelle le spectateur se lance avec bonheur… les arbres grandissent, ils fleurissent.

 

Une vraie réussite, bravo à Aurélien Serre, bravo à Catherine Demeure et Marie Rouge qui ont assuré la direction artistique et qui ont réalisé une composition théâtrale remarquable, et à Isabelle Picard et Julie Halbrun.

G.M.

Prochain événement aux Accords du Lion d’Or

CONCERTO POUR SOKU – Dimanche 19 décembre à 17h00.

Musiciens : Clément Janinet : violon /composition; Adama Sidibe : soku; Clément Petit : violoncelle.

L’idée de «Concerto pour Soku» est de mettre en valeur le violon traditionnel d’Afrique de l’Ouest, de battre en brèche la sempiternelle question : « Ah bon ? Il y a du violon en Afrique ? », et de proposer une musique, à l’instrumentation chambriste, à la croisée des chemins entre la musique improvisée européenne, et la tradition millénaire des violons d’Afrique Sub-saharienne.


Adama et Clément

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